Yvon Dallaire, M.Ps.

Travaillez vos forces

Travaillez vos forces

D’après Sonja Lyubomirsky de l’université de Californie, les événements sont responsables de 10 % de notre bonheur et notre héritage génétique, de 50 %. Les 40 % restant sont directement reliés à nos attitudes mentales. Le bonheur, y compris le bonheur conjugal, dépend donc davantage de nous-mêmes que des événements extérieurs (dont les comportements de notre partenaire).

Votre enfant arrive de l’école avec un bulletin dont les notes vont de 60 % (en français) à 90 % (en mathématiques), avec une moyenne se situant à 75 %. Que croyez-vous que sera la réaction de votre enfant si vous mettez l’accent sur sa note la plus faible, afin qu’il l’améliore, plutôt que sur sa note la plus forte ? La moyenne de son prochain bulletin sera probablement de… 73 %.

Optimisme vs pessimisme
Essayer d’améliorer ses faiblesses et ne pas y parvenir n’aura pour conséquence que de développer un sentiment d’incompétence ou d’inadéquation. « À quoi bon ! Ça ne sert à rien ; je n’y parviens jamais. » Vous deviendrez alors de plus en plus pessimiste face à votre capacité de vous améliorer.

Les psychothérapeutes dignes de ce nom savent très bien, grâce aux neurosciences, que l’expression des émotions désagréables n’a qu’un hypothétique effet cathartique. L’impression que « ça fait du bien, que ça défoule », n’est que temporaire. Le problème, c’est que l’expression des émotions négatives charge votre partenaire. Mieux vaut lui dire ce que vous aimez chez lui pour en jouir au maximum et analyser pour soi (et contenir) les émotions désagréables afin d’en diminuer leurs conséquences : résistance ou soumission de votre partenaire.

Le psychologue Albert Ellis disait que « Votre aujourd’hui est votre passé de demain ». En mettant l’accent sur vos forces actuelles plutôt que d’essayer de guérir vos blessures (et même vos traumatismes) passées, vous pourrez commencer aujourd’hui même à construire un passé – et un avenir – plus heureux que celui que vous avez connu, peu importe ce que vous avez antérieurement vécu.

Mettre l’accent sur les ressources et les qualités de votre partenaire, plutôt que de le critiquer et de lui dire ce que vous n’aimez pas chez lui, fera en sorte que son compte d’épargne émotif qu’il entretient à votre égard se remplira et risquera de se « déverser » sur vous. Vous pouvez en tout temps cesser de faire des retraits de votre banque d’amour conjugal et recommencer – à la minute même – à faire des dépôts. Vous vous construirez ainsi un passé conjugal – et un avenir – plus heureux.

La lettre d’amour
Pour vous aider à vous aimer vous-même davantage et, par le fait même, à mieux apprécier votre partenaire, je vous propose deux exercices.

1er exercice : vous écrire une lettre d’amour commençant vos phrases par « Je suis fier de moi parce que… Je suis content de… Je me remercie pour… J’ai bien fait de… ».

2e exercice : écrire une lettre d’amour à votre partenaire en commençant vos phrases par « Je t’aime parce que… Je t’aime quand… Merci pour… Je t’apprécie surtout pour… ».

Postez les deux lettres.

À notre naissance, nous recevons le livre de notre vie. Le nombre de pages est déjà prévu, mais toutes les pages sont blanches. Vos parents et la société ont probablement écrit les premières pages, sans vous demander votre avis. Mais rien ne vous force à continuer à l’écrire selon leur style.

Tournez donc la page immédiatement et faites de la suite de votre vie personnelle et conjugale une comédie et non un drame. Rappelez-vous : vous ne vivrez qu’une seule vie.

 

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