Yvon Dallaire, M.Ps.

La thérapie conjugale

La thérapie conjugale

À mon avis, la majorité des couples divorce trop tôt. Les couples se séparent trop souvent avant même d’avoir pris conscience de ce qui les a menés au divorce. Sinon, comment expliquer que le taux de séparation des deuxièmes unions dépasse facilement les 60 % et que celui des troisièmes unions atteint 75 %.

Nous répétons les mêmes scénarios conjugaux tant et aussi longtemps que nous ne prenons pas conscience de la dynamique du scénario et du rôle que nous y jouons. C’est que qui explique que des hommes et des femmes, pourtant bien intentionnés, se retrouvent continuellement dans les mêmes dynamiques conjugales destructives.

À preuve ces jeunes hommes et ces jeunes femmes d’environ 35 ans qui viennent consulter parce que leur 5e (6e, 7e…) relation amoureuse amorcée depuis leur adolescence s’est encore terminée sur un échec. À l’inverse, je reçois aussi des hommes et des femmes récemment séparés ou divorcés qui n’osent se remettre en couple de peur de répéter, avec raison, le même scénario.

La thérapie conjugale
Une thérapie conjugale pourrait soit sauver votre couple, soit vous aider à comprendre ce qui a provoqué la fin de votre couple afin d’augmenter les probabilités d’être heureux à long terme lors d’un prochain couple.

Il existe plusieurs méthodes de thérapie conjugale. Celle que je favorise comporte trois dimensions. La dimension pédagogique évalue les connaissances de chaque partenaire sur la réalité du couple, la psychologie féminine et la psychologie masculine. Le thérapeute pourra alors confirmer, infirmer ou ajouter des connaissances. Savoir, par exemple, que coexistent dans tout couple un besoin de fusion et un besoin d’autonomie permet de mieux gérer ce paradoxe de la passion.

La dimension psychologique cherche à rendre chaque partenaire conscient de ses croyances, pensées, attitudes, conditionnements, réactions, traumatismes infantiles… qui influencent négativement la relation conjugale, malgré l’amour et
la bonne foi des deux partenaires. Cela exige que chacun accepte évidemment de se remettre en question plutôt que de continuer à accuser l’autre.

Avoir une meilleure connaissance de soi et de ses sensibilités, identifier les divers éléments qui mènent à la schismogenèse complémentaire (escalade), prendre conscience de ses forces et faiblesses… ont un effet dédramatisant et bénéfique sur la dynamique conjugale.

La dimension expérientielle comprend un ensemble de stratégies et techniques que le thérapeute met au service du couple pour le sortir de la lutte inévitable pour le pouvoir qui prend place après la lune de miel. Apprendre à exprimer ses besoins au lieu de ses frustrations augmente les probabilités que ces besoins soient satisfaits. Développer des habiletés relationnelles et des stratégies de désamorçage diminue l’intensité des conflits. Savoir demander sans exiger, savoir écouter et s’exprimer, savoir gérer ses émotions… sont divers apprentissages que le thérapeute saura vous enseigner.

Les thérapeutes conjugaux
Le titre de thérapeute conjugal est un titre réservé et seuls les membres de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux peuvent l’utiliser au Québec. D’autres professionnels de la relation d’aide, tels les psychologues, peuvent aussi exercer la thérapie conjugale.

Faites très attention aux soi-disant « coach conjugal » ou « coach de vie », nouvelles appellations utilisées par des gens qui, malgré leur bonne volonté, ne possèdent pas de réelle formation psychothérapeutique. Le terme coach, lequel fait référence aux entraîneurs sportifs, a remplacé le terme de psychothérapeute depuis que l’utilisation de celui-ci a été réglementé et réservé aux membres de certains ordres professionnels.

Habituellement, le thérapeute reçoit les deux membres du couple. Mais il est aussi possible d’améliorer la dynamique conjugale lorsque l’autre partenaire refuse de consulter. Cela prend deux personnes pour former un couple, mais une seule pour le transformer.

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