Yvon Dallaire, M.Ps.

Chronique #33 : La thérapie conjugale positive court terme axée solutions

Chronique #33 : La thérapie conjugale positive court terme axée solutions

À mon avis, la majorité des couples divorce trop tôt avant d’avoir compris que le couple est un creuset pour générer des crises et est aux prises avec des sources de problèmes pour la plupart insolubles. La moitié des couples qui se séparent le fait au cours de la 4e année de vie commune selon l’Organisation mondiale de la santé. Et ceux qui reforment un couple recréent les mêmes scénarios destructeurs, sinon comment expliquer que le taux de séparation des 2e unions avoisine les 75 % et les 3e, 85 %.

Nous répétons les mêmes scénarios conjugaux tant et aussi longtemps que nous ne prenons pas conscience de la dynamique du scénario et du rôle que nous y jouons. C’est que qui explique que des hommes et des femmes, pourtant bien intentionnés, se retrouvent continuellement dans les mêmes dynamiques conjugales destructives.

À preuve, ces jeunes hommes et ces jeunes femmes d’environ 35 ans qui viennent me consulter parce que leur 5e (6e, 7e…) relation amoureuse amorcée depuis leur adolescence s’est encore terminée sur une séparation. À l’inverse, je reçois aussi des hommes et des femmes récemment séparés ou divorcés qui n’osent se remettre en couple de peur de répéter, avec raison, le même scénario.

La thérapie conjugale
Une thérapie conjugale pourrait soit sauver votre couple, soit vous aider à comprendre ce qui a provoqué la fin de votre couple afin d’augmenter les probabilités d’être heureux à long terme lors d’un prochain couple.

Il existe plusieurs méthodes de thérapie conjugale, certaines plus efficaces que d’autres. La majorité met l’accent sur la résolution des conflits par la communication dite efficace ou non violente. Cette approche comporte certes des bienfaits, mais trop souvent temporaires.

Celle que je favorise a été fortement influencée par les travaux de l’équipe étasunienne de John H. Gottman qui a suivi 650 couples sur une période de 14 ans dans leur “Love Lab“. Les résultats de leurs observations ont été résumés dans leur livre Les couples heureux ont leur secrets. Cette première véritable étude scientifique a déboulonné cinq mythes ou croyances antérieurement véhiculés par des intervenant(e)s de bonne foi :

  1. Les couples heureux, tout comme les couples malheureux, sont aux prises avec 6 sources de conflits pour la plupart insolubles et font face à 9 moments critiques. 
  2. La communication ne serait pas la clé du bonheur conjugal durable et il ne suffit pas d’écouter “calmement et chaleureusement” le point de vue de son partenaire pour régler les problèmes.
  3. La communication n’est pas suffisante car 69 % des problèmes de couples sont insolubles. Parler de problèmes insolubles ne peut qu’enfoncer le couple. D’où la nécessité de s’accepter sans chercher à changer l’autre.
  4. Les couples heureux ne sont pas toujours francs et ouverts. Plusieurs balaient une bonne partie de leurs problèmes sous le tapis. 
  5. C’est la qualité du sentiment d’amitié, et non la passion, l’amour, la communication ou la sexualité qui est le facteur déterminant du bonheur conjugal à long terme.

C’est cette étude et de nombreuses autres études sur la psychologie différentielle des sexes, la psychologie évolutive, la neuropsychologie, la thérapie cognitive-comportementale et la psychologie positive qui m’a amené à développer une approche thérapeutique conjugale positive à court terme et axée vers les solutions.

La thérapie conjugale positive (TCP)
Mon approche repose essentiellement sur six dimensions. 

  1. La première consiste en développement de l’intelligence émotionnelle conjugale (IEC), soit de ne pas laisser les émotions dites “négatives” prendre le dessus sur les émotions dites “positives”. Concrètement, cela se manifeste dans le fait que les couples heureux se disent de 5 à 10 fois plus de compliments que de reproches. Les couples heureux partagent des sensations agréables, des émotions positives et des pensées (projets) heureuses. 
  2. La 2e dimension fait référence à la responsabilité conjugale personnelle (RCP). Peu importe ce que fait ou dit mon partenaire, je suis toujours 100 % responsable de mes actions et réactions comportementales ou émotives. La RCP signifie diriger sa vie à partir du centre de soi, de réagir adéquatement à toute situation (respons/habilité), respecter ses engagements et en assumer les conséquences.
  3. La TCP comporte évidemment une dimension thérapeutique, soit rendre conscient ce qui est inconscient, défaire les mythes et illusions sur le couple, l’amour, la sexualité…, et apprendre à gérer le monologue intérieur.
  4. La TCP intègre aussi une approche pédagogique qui consiste à vérifier l’exactitudes des connaissances des deux partenaires, à confirmer, infirmer ou préciser ces connaissances et à transmettre de nouvelles connaissances basées sur des données probantes concernant la réalité du couple, la psychologie féminine et masculine et les dynamiques inhérentes à la vie à deux, au-delà de l’amour et de la bonne foi. 
  5. Toute thérapie conjugale intègre une approche que l’on peut qualifier d’expérientielle, soit des “devoirs” ou des exercices proposés par le thérapeute pour aider les couples consultant à remplacer des comportements inadéquats par des comportements plus appropriés, tel l’exercice des 5 heures ou l’alternance du pouvoir pour sortir des conflits insolubles.
  6. Finalement, mon approche est non seulement positive, mais elle met aussi l’accent sur les solutions le plus possible à court terme. Peu importe le passé ou la situation actuelle, le couple peut toujours s’améliorer en travaillant à un avenir meilleur, en exploitant les forces de chacun plutôt que d’essayer d’améliorer les faibles ou défauts de chacun. Essentiellement, le thérapeute positif énergise les solutions plutôt que les problèmes et met l’accent sur ce qui va bien.

Les thérapeutes conjugaux
Le titre de thérapeute conjugal est un titre réservé et seuls les membres de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux peuvent l’utiliser au Québec. D’autres professionnels de la relation d’aide, tels les psychologues, peuvent aussi exercer la psychothérapie conjugale.

Faites très attention aux soi-disant « coach conjugal » ou « coach de vie », nouvelles appellations utilisées par des gens qui, malgré leur bonne volonté, ne possèdent pas de réelle formation psychothérapeutique. Le terme coach, lequel fait référence aux entraîneurs sportifs, a remplacé le terme de psychothérapeute depuis que l’utilisation de celui-ci a été réglementé et réservé aux membres de certains ordres professionnels, utilisation supervisée par l’Ordre des psychologues du Québec.

Habituellement, le thérapeute reçoit les deux membres du couple. Mais il est aussi possible d’améliorer la dynamique conjugale lorsque l’autre partenaire refuse de consulter. Cela prend deux personnes pour former un couple, mais une seule pour le transformer.

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Vous avez la permission de reproduire et de diffuser cet article comme bon vous semble, à la condition d’en conserver l’entièreté et la référence. Vous pouvez aussi m’écrire en tout temps à yvondallaire@optionsante.com. Je lis tous mes courriels, mais je ne peux vous promettre d’y répondre ou d’y répondre rapidement.

Je vous invite à visiter mon agenda pour connaitre mes prochaines activités publiques et professionnelles tant au Québec qu’en Belgique, en France et en Suisse. Mes activités peuvent aussi être offertes dans votre milieu sur demande.

Message aux intervenant(e)s en relation d’aide
Pour tout savoir sur la thérapie conjugale positive (FTCP) brève et axée solutions que j’ai développée tout au long de ma carrière d’intervenant auprès des couples, consultez cette page. Vous pouvez aussi visiter ce site pour connaitre mon calendrier québécois et européen.

Je vous souhaite une excellente journée et beaucoup de bonheur.
 
 

 

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