Yvon Dallaire, M.Ps.

Chronique #22. La banque d’amour

Chronique #22. La banque d’amour

La banque d’amour. 

Au début de ma carrière comme thérapeute, j’ai cherché à aider les couples en les amenant à améliorer leur communication et à résoudre leurs conflits plus efficacement. Quoique ces deux objectifs puissent être utiles pour faire baisser temporairement la pression, mon taux de réussite à moyen et long terme pour aider les couples consultants était plutôt décevant.
 
J’ai cherché longtemps ce qui pouvait expliquer que deux amants intimes deviennent, après quelques années, deux ennemis intimes s’accusant l’un l’autre d’être responsable de l’état misérable du couple et qui fait que le taux de divorce avoisine les 50 %. Comment peut-on perdre ce sentiment amoureux qui a uni deux personnes qui se trouvaient irrésistibles et exceptionnelles ?
 
Les couples viennent consulter en disant qu’ils ont des problèmes de communication, qu’ils ne réussissent pas à résoudre leurs conflits et qu’ils se disputent de plus en plus souvent. Il n’y a pas de doute que tout cela puisse hypothéquer sérieusement le sentiment amoureux. Mais ces motifs de consultation sont-ils les causes ou les symptômesd’un désamour ?
 
J’ai alors compris, grâce aussi aux nombreuses recherches faites sur les couples heureux à long terme, qu’il faudrait, au-delà de l’amélioration de la communication pour la gestion, et non la résolution, des conflits pour la plupart insolubles, aider ces hommes et ces femmes à faire renaître le sentiment amoureux qui avait cimenté leur couple, sentiment qui s’était étiolé en cours de route.
 
Le principe à la base de la vie est simple, très simple : la recherche du plaisir et la fuite de la douleur. Les deux membres d’un couple resteront amoureux ou redeviendront amoureux s’ils vivent ensemble plus de moments plaisants que de moments douloureux. Le bonheur conjugal devient alors une simple question de savoir ce qui me rend et rend l’autre heureux. La réponse est donc simple, très simple, à la condition de la connaître et de l’accepter : tout faire pour rendre l’autre heureux en satisfaisant ses besoins et en évitant de faire ce qui rend l’autre malheureux. Les besoins peuvent évidemment varier d’une personne à l’autre et d’un sexe à l’autre.
 
Les besoins fondamentaux des hommes et des femmes sont des besoins partagés par tous les humains mais pas nécessairement dans le même ordre de priorité.

Les besoins légitimes priorisés par les hommes sont :
• La satisfaction de ses besoins sexuels
• Une partenaire de jeux
• Une partenaire qui entretient des propos séduisants
• La paix et la tranquillité
• La valorisation

Les besoins tout à fait légitimes des femmes
• La satisfaction de ses besoins affectifs
• Un compagnon avec qui communiquer
• Un conjoint fiable et honnête
• La sécurité
• L’engagement

Ce sont du moins ce que présente le psychologue Harley, Willard F. dans son livre Elle et lui. Combler les besoins de chacun pour une relation durable.
 
Le problème est que hommes et femmes ont de la difficulté à comprendre et à accepter leurs besoins réciproques. Chacun veut bien satisfaire ses propres besoins, mais oublie que le couple existe pour satisfaire les besoins des deux partenaires ; sinon, se développe le risque d’aller combler les besoins insatisfaits en dehors du couple.
 
Un couple = une banque
Comparons le couple à une banque dans laquelle chaque partenaire possède un compte d’épargne émotif. Chaque plaisir échangé correspond à un dépôt dans le compte d’épargne émotif de l’autre, chaque moment pénible mène à un retrait. La grosseur des dépôts et des retraits varie en fonction de l’intensité du plaisir ou de la frustration.
 
Pendant la séduction et la lune de miel, les partenaires accumulent dépôt sur dépôt et l’actif de leur compte ne cesse de grimper car ils cherchent constamment à satisfaire les besoins de l’autre. Mais, une fois l’union assurée, nombreux sont les hommes et les femmes qui croient qu’ils sont assez riches pour vivre sur leurs réserves. C’est alors qu’ils commencent à faire des retraits en tenant moins compte des besoins respectifs de chacun.
 
De nombreux couples sont venus me consulter alors que leurs comptes réciproques étaient rendus dans le rouge ; certains étaient sur le bord de la faillite. Heureusement, il n’est jamais trop tard pour recommencer à faire des dépôts en tenant compte des besoins de l’autre. J’ai pu ainsi aider plus de couples en les confirmant dans leurs besoins respectifs et à  passer de la lutte pour le pouvoir où chacun cherche égoïstement à satisfaire ses besoins personnels au partage du pouvoir où chacun des deux partenaires et le couple essaient de satisfaire les besoins légitimes de chacun.

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Cet article est le vingt-deuxième d’une série que j’ai commencée à diffuser le 02 mars 2018 afin de vous partager ce que ma vie, mes partenaires, mes amis, mes professeurs, mes clients, mes livres m’ont appris tout au long des sept décennies de ma vie. J’espère qu’ils vous seront utiles comme ils l’ont été pour des centaines de couples venus me consulter. Si vous ne les recevez pas déjà dans votre boite courriel, inscrivez-vous ici. N’hésitez pas à y inscrire vos parents et ami(e)s. Pour accéder aux articles précédents, consultez mon site à la section Articles.
 
Vous avez la permission de reproduire et de diffuser ces articles comme bon vous semble, à la condition d’en conserver l’entièreté et la référence. Vous pouvez aussi m’écrire en tout temps à yvondallaire@optionsante.com. Je lis tous mes courriels, mais je ne peux vous promettre d’y répondre ou d’y répondre rapidement.
 
Je vous invite à visiter mon agenda pour connaitre mes prochaines activités publiques et professionnelles tant au Québec qu’en Belgique, en France et en Suisse. Mes activités peuvent aussi être offertes dans votre milieu sur demande.
 
Ma prochaine activité offerte au grand public aura lieu le 21 septembre 2018 à Québec. Le thème : Vivre seul(e) et heureux(se)… pour mieux vivre à deux si désiré. Organisée par Célibataires sans critères, cette conférence s’adresse autant aux couples qu’aux célibataires, homme ou femme de 18 à 108 ans. Réservez tôt car les places sont limitées .
 
Message aux intervenant(e)s en relation d’aide
Pour tout savoir sur la thérapie conjugale positive (FTCP) brève et axée solutions que j’ai développée tout au long de ma carrière d’intervenant auprès des couples, consultez cette page. Vous pouvez aussi visiter ce site pour connaitre mon calendrier québécois et européen.
 
Je vous souhaite une excellente journée et beaucoup de bonheur.
 
 

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